Un bol d’air pour le groupe Partouche !

Un bol d’air pour le groupe Partouche !

Le groupe Partouche, le deuxième plus grand groupe de casinotiers de France, peut enfin respirer suite à l’accord trouvé avec ses créanciers pour ré-étaler jusqu’en 2022 sa dette colossale. Cet accord met fin à une procédure de sauvegarde et à de nombreux mois d’incertitude pour les plus de 5000 salariés du secteur des casinos français.

 

Le Groupe - des débuts jusqu'au déboire

La fin du Poker Partouche

La procédure de sauvegarde - paiement en attente

Le plan

 

 

Le groupe Partouche, le deuxième plus grand groupe de casinotiers de France, peut enfin respirer suite à l’accord trouvé avec ses créanciers pour ré-étaler jusqu’en 2022 sa dette colossale. Cet accord met fin à une procédure de sauvegarde et à de nombreux mois d’incertitude pour les plus de 5000 salariés du secteur des casinos français.

 

Le Groupe - des débuts jusqu'au déboire

Le Groupe Partouche est un groupe de loisirs français (casinos, hôtels, restaurants, thermes) créé en 1973 par Isidore Partouche. Il compte actuellement une cinquantaine de casinos en Europe dont 5 pasinos. Le terme « pasino » est nom commun, inventé par le fondateur du groupe pour désigner un centre d’animation avec établissement de jeux, espaces événementiels et espaces de spectacles ouverts à tous.

Pasino du groupe Partouche SADès ses débuts, le groupe voit ses bénéfices augmenter, il s’agrandit petit à petit en rachetant ou en construisant de nouveaux casinos à travers l’Hexagone et dans les pays frontaliers. Puis vient une période réellement faste, directement corrélée à l’implantation des machines à sous dès 1991, à l’introduction en Bourse du groupe en 1995 et à la création en 2006 d’une nouvelle filiale, Partouche Interactive, dédiée au développement de jeux sur de nouvelles plateformes telles que la télévision, la téléphonie mobile et Internet. Cette filiale obtiendra rapidement une licence du gouvernement de Gibraltar pour l’exploitation de jeux en ligne, ce qui lui permettra de se positionner sur les rangs des candidats au poker en ligne dès l’ouverture du marché français en 2010. Déjà en 2009, Partouche a été le premier à lancer des machines à sous dites « progressives », avec son jackpot « Megapot » commun à plus de 200 machines à sous situées dans 45 établissements différents. Ce concept, largement repris depuis dans le monde entier, est connu pour faire remporter des super jackpots de plusieurs dizaines, voire centaines de millions d’euros !

Mais le vent commence à tourner d’une manière générale pour tous les acteurs du domaine, avec l’introduction d’un certain nombre de mesures : contrôle d’identité obligatoire à l’entrée des établissements de jeux dès 2007, interdiction de fumer autour des tables depuis 2008, apparition des jeux en ligne en 2010 et finalement crise économique depuis… on ne sait plus trop !

Patrick Partouche du Groupe Partouche SA

La fin du Poker Partouche

En 2013, le Groupe Partouche arrête définitivement son activité de poker en ligne en France, et se recentre sur ses activités historiques, les casinos et les jeux de table. Certains de ses établissements jouent un rôle moteur dans l’évolution des offres de jeux que les casinotiers français souhaitent proposer à leurs clients. C’est suite à l'expérimentation de la Bataille au Pasino d’Aix-en-Provence pendant près d’un an, que ce jeu a pu être déployé dans tout le pays. De même, à Forges-les-Eaux se déroule actuellement l'expérimentation du Sic Bo (jeu de dés asiatique) et à Aix-en-Provence, celle du Bingo, qui devraient déboucher sur l’adoption par tous les casinos de France de ces nouveaux jeux de table.

Le malaise dans le secteur des casinos s’étend partout en Europe et notamment en France pour le Groupe Partouche. Celui-ci cumule en effet des exercices déficitaires depuis 2007, soit sur six années consécutives. Le chiffre d’affaire de l'exercice décalé 2013 (436,4 millions d'euros) continue également à reculer : pour le premier semestre 2014, il était déjà en baisse de 3,7 %. La perte nette du groupe a été réduite de 8,6 millions à 4,3 millions d’euros, tandis que son résultat brut d’exploitation a frôlé les 70 millions d’euros. Malgré les apparences, le Groupe Partouche est donc un groupe rentable et le président du directoire, Fabrice Paire, déclare qu’il « […] peut rembourser. Mais [le] pool bancaire, qui a radicalement changé de physionomie ces derniers temps, refuse de renégocier le rythme [des] remboursements pour s'adapter à [ses] capacités. »

Voilà où le bât blesse… Car, comme la plupart des entreprises et des ménages français, le Groupe Partouche a contracté des crédits et le montant de son endettement s’élève à 233 millions d’euros… remboursable d’ici deux ans, avec une échéance insurmontable de 175 millions en 2015 !

Dès le mois de juin 2013, Partouche avait entamé des négociations avec ses 13 établissements créanciers pour allonger l'échéancier de remboursement de son crédit syndiqué et pour que « la marge et le niveau des covenants » soient reconsidérés… Essayons d’y voir un peu plus clair dans ce jargon financier…

Un covenant bancaire est une clause d'un contrat de prêt qui, en cas de non-respect de certains objectifs, peut entraîner l’obligation de remboursement anticipé du prêt. Partouche se retrouvait donc avec une épée de Damoclès au-dessus de sa tête et face à un risque non négligeable d’exigibilité immédiate du prêt. En effet, son plus gros créancier est Oaktree, un fonds d'investissement américain bien connu pour ne pas être un tendre, à qui le Groupe Partouche doit près de 38 % de sa dette. Partouche soupçonnait d’ailleurs ce fonds américain de vouloir convertir sa créance en capital !

Partouche Poker - Arret

La procédure de sauvegarde - paiement en attente

Alors, pour résister aux éventuelles pressions financières qui auraient fatalement conduit à des plans sociaux, à des ventes d’établissements voire à une banqueroute, le Groupe Partouche a lancé une procédure de sauvegarde en septembre 2013. Cette procédure permet à une entreprise qui n'est pas en cessation de paiements de suspendre le paiement de sa dette en cours. En résumé, Partouche a pu geler pendant six mois l'exigibilité des dettes, ce qui lui a laissé le temps de trouver un accord avec ses créanciers, autrement dit, un plan de ­paiement viable de ses dettes, qui soit accepté par le tribunal de commerce…

Partouche a surtout su prouver à la justice française sa volonté d'assurer la pérennité du groupe, en cédant des actifs immobiliers (Casino de la Grande Motte, murs du Casino de Vichy, Casino de Knokke…) durant la procédure de sauvegarde, mais aussi en ayant anticipé la situation grâce à de vastes économies, notamment l’arrêt de son activité de jeux en ligne jugée non rentable, la réduction des coûts salariaux et de marketing...

Un accord a donc finalement été adopté à l’unanimité par les créanciers et signé fin mars 2014. Celui-ci va permettre au Groupe Partouche de ré-échelonner sa dette d'ici 2022. Les différentes clauses devraient également permettre au casinotier de sortir la tête de l'eau et de se recentrer sur ses activités de jeu !

Les freres Cantona et Patrick Partouche

Le plan

Tout d’abord, le remboursement des 233 millions d’euros va s’étaler jusqu’en 2022, avec 48 millions versés immédiatement aux créanciers et le paiement du reste étalé sur les 8 années suivantes, soit un remboursement d’environ 23 millions d’euros par an et un dernier versement de 26 millions d’euros en 2022.

Ensuite, sur les 30 millions dus à son actionnaire principal, Financière Partouche, Partouche versera immédiatement 10 millions. Remarquons au passage que Financière Partouche a également aussi trouvé un accord avec ses propres créanciers…

Puis, Partouche continuera à payer des intérêts comme convenu avant l'ouverture de la procédure de sauvegarde, c'est à dire sur le capital restant dû, et avec une baisse du taux d'intérêt à partir du 16 décembre 2016. Ce taux passera alors de 3,50 % à 3,25 %.

Enfin, la moitié des revenus générés par d’éventuelles ventes d'actifs du casinotier devra être reversée aux créanciers, ce qui permettra d’accélérer le désendettement.

Bref, après six mois de discussions et de négociations parfois houleuses, Fabrice Paire salue « le grand mérite » de ses administrateurs judiciaires, Maîtres Abitbol et Declercq, avec l'assistance de ses conseils, Maîtres Sonier et Texier, ainsi que de la Banque Lazard, d'être parvenus à un accord unanime. Les marchés financiers ont également semblé apprécier, puisque le titre a immédiatement bondi de 17 % en une seule journée… C’est l’Etat français et les collectivités territoriales qui peuvent également se rassurer, puisque la pérennité du Groupe Partouche va continuer à leur assurer près de 300 millions d’euros de recettes fiscales annuelles !

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