EuroVegas Madrid : Un Mirage signé Sheldon Adelson ?

EuroVegas Madrid : Un Mirage signé Sheldon Adelson ?

Au cœur de la crise européenne, tous les projets – même les plus incroyables – ressemblent à une bouée de sauvetage pour les pays les plus en difficulté. Mais le "Fabulous" EuroVegas promis par le milliardaire américain Sheldon Adelson dans les environs de Madrid commence plus à ressembler à un mirage qu’à une réalité tangible : plus on avance et moins le projet devient sûr !

Au cœur de la crise européenne, tous les projets – même les plus incroyables – ressemblent à une bouée de sauvetage pour les pays les plus en difficulté. Mais le "Fabulous EuroVegas" promis par le milliardaire américain Sheldon Adelson dans les environs de Madrid commence plus à ressembler à un mirage qu’à une réalité tangible : plus on avance et moins le projet devient sûr !

Il faut dire que l’idée est alléchante, même si les concepts actuels de villes-casinos comme il en existe aux Etats-Unis, à Macao et à Singapour ne sont pas transposables tels quels à notre bonne vieille Europe !
Imaginez plutôt : 6 casinos, 18 000 machines à sous, 3 terrains de golf, 9 théâtres, 1 auditorium de 15 000 places, 36 000 chambres d'hôtel... Avec un montant frôlant les 17 milliards d'euros, on est en présence du plus gros investissement privé jamais réalisé en Espagne. Et comme en plus il est question de 360 000 emplois créés et 5 milliards de revenus touristiques engrangés sur 15 ans, c’est un peu comme remporter le jackpot !

Les villes de Madrid et de Barcelone ont donc toutes deux sorti le grand jeu pour séduire le magnat américain, qui a bien dû s’amuser en continuant à entretenir la rivalité ancestrale entre les deux villes espagnoles. Et la semaine dernière, Adelson a rendu son verdict : le vainqueur est Madrid !

Alors que Barcelone, avec un projet en maturation qui pourrait voir le jour avant EuroVegas, ne s’avoue pas vaincue, Madrid doit déjà faire face à de nombreuses oppositions : non seulement dans l’opinion publique, mais aussi dans la classe politique. Car pour ces derniers, la fin ne justifie pas les moyens.

De nombreuses incohérences relevées

Il est à se demander si les détracteurs ne se sont pas plus penchés sur le projet que les autorités madrilènes elles-mêmes, préoccupées de faire monter les enchères pour remporter la partie. Nombreux sont ainsi ceux qui y ont relevé des incohérences et qui s’interrogent à juste titre : le chiffre désormais officiel des emplois est près de cinq fois plus faible que celui annoncé, le montant investi initialement ne représente que 35% du montant total annoncé (charge à d’autres organismes de fournir le complément), et la construction se fera par étapes, les bénéfices des premiers casinos fournissant les fonds pour la construction des suivants... Et ce sans compter les soupçons de corruption qui pèsent sur Adelson, ses possibles liens avec les milieux mafieux et proxénètes asiatiques, et les financements généreux de campagnes présidentielles pour de grands politiques américains...

Mais le plus surprenant, ce sont sans doute les exigences d’Adelson, qui ressemblent fort à un chantage. « Je crée des emplois mais j’exige en contrepartie la révision de la législation espagnole... »

Si les autorités espagnoles se sont montrées inflexibles au départ, la Présidente de la Communauté de Madrid Esperanza Aguirre a néanmoins laissé entendre qu’elle pourrait déroger à certaines lois pour favoriser l’implantation de ce complexe. Est-ce cela qui a fait pencher la balance en sa faveur ? En tous cas, cela a déclenché un tollé de la part des opposants au projet qui refusent de laisser des industriels dicter les lois de leur pays.

Parce qu’Adelson a exigé la révision de trente lois espagnoles et pas des moindres : révision du droit du travail, assouplissement de la loi sur l’immigration, suppression de la loi sur le blanchiment d’argent et de l’interdiction de fumer dans ses futurs établissements, exonération des cotisations à la sécurité sociale pendant 2 ans, exonération de TVA et de taxes sur les jeux pendant 10 ans, cession gratuite des terrains, prise en charge du coût de l’aménagement des infrastructures par les autorités espagnoles (montant estimé entre 1 et 2,5 milliards d’euros)...

Le grand public s'inquiète et s'insurge

Pas étonnant que le grand public hurle au scandale alors qu’on lui demande chaque jour plus d’efforts pour faire sortir le pays de la crise.

En plus du désastre écologique que provoquerait la construction d’un tel complexe dans une zone actuellement protégée, les Espagnols s’inquiètent surtout de l’impact qu’aura l’industrie du jeu sur leur vie familiale. Ils craignent, comme cela s’est malheureusement produit à Macao, que les résidents locaux ne deviennent dépendants des revenus du tourisme et du jeu, qu’ils ne regardent pas au-delà de cet argent facile, et que les autres activités périclitent au profit de la corruption et de la prostitution dans un « mini-Etat de non droit » . Le mouvement « EuroVegas NO » se bat contre ce remède à la crise qui selon eux est celui qui les a menés à la crise ! Des croupiers, serveurs, techniciens de surface et caddies sous-payés : les Espagnols ne sont pas prêts à aller jusque là pour sortir leur pays de la crise.

Même la Fédération Espagnole des Joueurs de Hasard Réhabilités (FEJAR) dénonce le double jeu d’Adelson, qui tout en construisant des cités-casino contribue à financer le « jeu responsable » et à réhabiliter les ludopathes. Pour cette association « Troquer la santé pour l’emploi est une folie et nous allons tous la payer. En plus, […] combien de personnes modestes vont tomber dans le piège ? Eurovegas, c’est comme donner une bouteille à un alcoolique ».

Pas sûr donc au final que ce soit Madrid la grande gagnante de cette partie...

 

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