Des casinos en Crimée ?

En Russie, les casinos sont officiellement interdits depuis 2009, excepté dans quatre régions excentrées : Kaliningrad (entre la Pologne et la Lituanie), Vladivostok (en extrême-Orient), Altaï (frontière entre la Russie et le Kazakhstan) et Krasnodar (au sud de la Russie).

 

Pourquoi transformer la Crimée en casino géant ?

Quels sont les atouts de la Crimée ?

Quels sont les obstacles à ce projet ?

 

 

 

 

Et désormais, il y a une nouvelle région : la Crimée. Mais cette fois, Vladimir Poutine veut aller beaucoup plus loin, avec un projet ambitieux. Il veut tout simplement transformer la Crimée en nouvel eldorado des jeux d'argent, à l'image de Macao ou de Las Vegas. Une loi a déjà été votée par le Parlement pour officialiser le statut de « zone de jeu » de l'ancien territoire ukrainien. Dmitri Kozak, le vice Premier Ministre qui a été responsable de la préparation des JO d'hiver à Sotchi, est en charge de ce dossier.

 

 

Pourquoi transformer la Crimée en casino géant ?

Vladimir PutinLe Président russe ne cache pas sa nostalgie de la Grande Russie. Il veut donner à son peuple un sentiment de fierté et d'appartenance à une grande nation. Mais sa volonté de conquérir de nouveaux territoires se heurte à la dure réalité économique. La Russie est déjà au bord de la récession, et le basculement pourrait avoir lieu dans le courant du deuxième trimestre 2014. Le rattachement de la Crimée  à la Russie ne va pas arranger les choses. Le nouveau territoire russe affiche un déficit d'un peu plus d'un milliard d'euros, et la corruption est monnaie courante.

Avant son annexion, la Crime dépendait également de l'Ukraine :

 - pour le tourisme (essentiellement dans la station balnéaire de Yalta)

- pour l'industrie

- pour l'agriculture : l'eau et l’électricité proviennent à 80 % d'Ukraine (65 % pour le gaz).

 Or, à court terme, la Russie n'a pas les moyens de fournir ces ressources à la Crimée.

Autre problème : il faudrait financer la construction d'un pont pour relier l'extrême Est de la Crimée à la Russie et franchir le bras de mer qui les sépare. Cela permettrait aux deux millions d'habitants de Crimée de pouvoir échanger et circuler avec le continent russe.

Pour assumer l'agrandissement de la Russie, il faut donc de l'argent. Beaucoup d'argent. Comme les caisses de l’État sont vides, Vladimir Poutine a tout naturellement pensé aux casinos et aux jeux d'argent.  Cela permettrait d'attirer des investisseurs, de créer des emplois, et surtout de profiter de ressources financières colossales. A titre d'exemple, il faut savoir que les salles de jeux de Macao ont engrangé en 2013 une chiffre d'affaires d'environ 33 milliard d'euros (soit + 18,6 % par rapport à 2012).

Vladimir Poutine montre donc qu'il sait mettre de côté ses convictions personnelles et faire preuve de pragmatisme. Il est en effet habituellement farouchement opposé aux jeux d'argent, qu'il accuse d'attirer le « crime organisé » et de créer une « addiction dangereuse ».  Mais il n'hésite pas à demander à Sergueï Axionov (Premier Ministre autoproclamé de Crimée) et à Alexeï Konstantinov (Président du parlement autoproclamé de Crimée), connus pour leurs relations avec la mafia, d'effectuer le tracé de la zone de jeu.

 

Quels sont les atouts de la Crimée ?

A priori, l'idée de créer un paradis du jeu en Crimée est motivée par la situation géographique de ce territoire.

Située à l'ouest de la région de Kouban, la péninsule s'avance dans la Mer Noire  et profite d'un climat tempéré, très apprécié. La station balnéaire de Yalta pourrait constituer un point de départ pour lancer des établissements de jeux dans un environnement déjà propice aux loisirs et aux vacances.

A moins que Sébastopol, sa « capitale », ou Simferopol, une autre grande ville,  ne soient privilégiées?

Si les casinos se mettent à se multiplier comme des petits pains, la Crimée pourrait effacer son ardoise et devenir financièrement rentable. Moscou estime également que 10 000 emplois pourraient être rapidement créés grâce à l'industrie du jeu.

Crimea - la Crimée

Quels sont les obstacles à ce projet ?

Les rêves de Poutine vont-ils devenir réalité ? Peut-il espérer décrocher le jackpot avec son nouveau territoire ?

Rien n'est moins sûr car plusieurs obstacles, et non des moindres, s'opposent à la réussite de son projet.

Le tourisme

D'abord, il y a le problème du tourisme. Au vu de la violence des événements qui ont conduit à l'annexion de la Crimée, et des tensions qui règnent encore dans l'Est de l'Ukraine, l'activité touristique va s'effondrer. En effet, la majorité des 6 millions de touristes qui viennent chaque année sont ukrainiens.

Les touristes étrangers (asiatiques ou occidentaux) risquent d'être encore plus frileux. Même les amoureux de jeux d'argent ne vont pas se précipiter. Il y a la barrière de la langue, le manque d'attrait pour la Crimée,  et les problèmes d'infrastructure.

Car la Crimée n'a toujours pas été reconnue internationalement comme étant annexée à la Russie. Les aéroports de Sébastopol ne peuvent donc plus desservir que deux destinations : Moscou et Saint-Pétersbourg. Et il n'y a plus aucune compagnie internationale qui accepte de desservir Sébastopol.Casino

Cette situation a également une incidence sur le tourisme. Le coût du billet d'avion pour se rendre en Crimée a grimpé en flèche depuis que les compagnies russes détiennent le monopole. Et la Crimée n'était déjà pas la destination favorite des russes, qui préfèrent la Turquie ou l'Egypte.  L'Etat va donc devoir investir pour subventionner des billets moins chers et multiplier les liaisons au départ de toutes les grandes villes de Russie

Cet investissement sera-t-il suffisant ? En tout cas, il ne sera pas le seul...

Les investissements à réaliser

Le vice Premier Ministre de Crimée , Rustam Temirgaliyev, a indiqué avoir déjà réuni 1,5 milliard de dollars grâce à des investisseurs. Mais personne ne sait s'il s'agit d'un simple effet d'annonce car aucune précision n'a été apportée sur l'identité des financiers.

Or, il ne faut pas seulement bâtir des casinos. Vouloir rivaliser avec Las Vegas ou Macao suppose de construire des hôtels de luxe, des restaurants, des salles de spectacles, des attractions pour toute la famille...

Et donc mettre la main à la poche, soit en accordant des avantages substantiels aux investisseurs, soit en sortant des deniers des caisses de l’État, qui sont désespérément vides.

Même si Rustam Temirgaliyev affirme « devoir organiser des événements sportifs comme le World Poker Championship à Las Vegas. », cela ne va pas être évident à mettre en place, faute de trésorerie suffisante.

Pour l'instant, l'équivalent de 7 milliards de dollars (5 milliards d'euros) ont été ponctionné sur le fonds des pensions et le fonds du bien-être (une sorte de caisse de secours, constituée de prétrodollars).

Ces sommes peuvent paraître élevées, mais elles sont très loin d'être suffisantes pour rendre la Crimée rentable et surtout compétitive.

En résumé, Macao et Las Vegas peuvent encore dormir tranquille. La Crimée deviendra peut-être un jour une destination prisée par les joueurs du monde entier, mais ce n'est pas encore pour demain.....

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