Trop optimistes, les joueurs pathologiques ?

L’équipe du neurologue Jean-Claude Dreher, du Centre de Neurosciences Cognitives (CNC) de l’Université Claude Bernard à Lyon, a mis en évidence que les joueurs pathologiques souffrent d’un excès d’optimisme… Le tout, grâce à une expérience assez simple.

Vient-on de mettre le doigt sur un nouveau mécanisme à l’origine du jeu pathologique ? L’équipe du neurologue Jean-Claude Dreher, du Centre de Neurosciences Cognitives (CNC) de l’Université Claude Bernard à Lyon, a mis en évidence que les joueurs pathologiques souffrent d’un excès d’optimisme. Le tout, grâce à une expérience assez simple.

Rappelons tout d’abord qu’un joueur pathologique ou compulsif est une personne dépendante aux jeux d’argent. Ceci se traduit par « un état de besoin impérieux de faire une activité et par la nécessité d'en augmenter la fréquence ou la dose afin d'en maintenir l'effet et d'éviter l'état de manque. »

En France, 1,3 % des joueurs sont considérés comme des joueurs pathologiques, et avec la légalisation des jeux d’argent en ligne, les professionnels de santé tirent la sonnette d’alarme. En effet les personnes souffrant de ces troubles doivent souvent faire face à des conséquences personnelles, professionnelles et familiales dramatiques.

A la fin des années 70, il y a d’abord eu la théorie du « biais de distorsion des probabilités » qui a montré que les joueurs pathologiques considèrent comme fortement probable des événements qui ne le sont que très faiblement dans la réalité (exemple type : le loto ou le poker). Ensuite il y a eu la théorie de « l’élévation de l’hypothèse », qui montre que les joueurs pathologiques augmentent de façon systématique la probabilité de survenue d’événements non certains... que cette probabilité soit forte ou très faible.


Une base pour un nouvel outil diagnostic

Pour valider ces deux hypothèses, le CNC a travaillé avec deux groupes de 20 hommes : l’un servait de groupe témoin et l’autre réunissait des joueurs pathologiques volontaires. Chaque individu devait choisir entre un gain assuré X et un pari dont le gain potentiel était de 2X. Si le sujet choisissait la première solution, alors un nouveau choix du même type lui était soumis, mais cette fois avec un gain assuré plus faible. Inversement, si le volontaire choisissait de parier sur un gain potentiel, alors un nouveau choix du même type lui était proposé, avec une augmentation du gain assuré. Et ainsi de suite, sept fois d’affilée, toujours avec des variations de probabilités d’obtention du gain.

Et le résultat montre que « les joueurs pathologiques ont manifesté un attrait plus marqué que les volontaires sains pour le pari, et ce non seulement lorsque les probabilités de gains étaient de toute évidence faibles, mais aussi lorsqu’elles étaient plus élevées. » La grande avancée réside surtout dans la simplicité du protocole utilisé, qui pourra facilement servir de base à un nouvel outil diagnostic, utilisable par les médecins dans leur cabinet. Si c’est le cas, cette pathologie encore mal connue pourrait alors mieux être prise en charge par les centres de lutte contre l’addiction.


Références
: Ligneul R, Sescousse G, Barbalat G, Domenech P, Dreher JC. « Shifted risk preferences in pathological gambling », Psychological Medecine, (43) 5, 1059-1068, May 2013

Lisez aussi notre page sur le jeu responsable.

 

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