Tous les opérateurs dans le même bateau !

Tous les opérateurs dans le même bateau !

Jusqu’ici le secteur des jeux d’argent en France semblait totalement immunisé contre les effets de la crise. En effet, les sociologues ont depuis longtemps constaté que « plus les gens se trouvaient en difficulté financière, plus ils nourrissaient l’espoir de remporter des gains mirobolants en se lançant dans les jeux d’argent ».

 

Un Déplorable constat

Au cas par cas

Les casinos de brique et de mortier

Les jeux en ligne

Du point de vue du PMU

 

 

Jusqu’ici le secteur des jeux d’argent en France semblait totalement immunisé contre les effets de la crise. En effet, les sociologues ont depuis longtemps constaté que « plus les gens se trouvaient en difficulté financière, plus ils nourrissaient l’espoir de remporter des gains mirobolants en se lançant dans les jeux d’argent ».


chiffres de l'arjel sur les jeux en ligne en 2013

 

Et pourtant, les opérateurs du secteur, qu’ils opèrent en ligne ou qu’ils gèrent des établissements en dur, semblent désormais dans le même bateau.

 

la crise

Un Déplorable constat

Tous ne peuvent que constater le recul des dépenses des parieurs et déplorer la baisse de 2,5 % de leurs revenus qui « tombent » à 31,7 milliards d’euros en 2013 contre 32,5 milliards en 2012. Cela veut-il dire que les jeux d’argent ne constituent plus un remède contre la crise économique ou contre la déprime des Français, parce que ceux-ci estiment que l’horizon est bouché ? Alors justement, nous vous proposons un petit tour d’horizon des différents acteurs dont les bilans au sein d’un même secteur sont très contrastés, mais qui continuent néanmoins à dégager des bénéfices...

Au cas par cas

Francaise desd jeux

Commençons par le cas particulier : la Française des Jeux ou FDJ. Elle est sans doute le seul opérateur à tirer correctement son épingle du jeu, puisqu’elle a connu une augmentation de ses ventes de 1,8 % en 2013 par rapport à 2012, pour atteindre 12,35 milliards d’euros. Certes, cette croissance s’infléchit nettement puisqu’elle frôlait 6,1 % en 2012 et qu’entre 2000 et 2012, les sommes misées avaient augmenté de 76 % pour atteindre 46,2 milliards d’euros. Le ralentissement est donc très net... La force de la FDJ est que, même si les montants pariés diminuent, elle continue à attirer de plus en plus de joueurs grâce à son offre très diversifiée.

De même, ses paris sportifs sont en progression de 14,8 % à 1,57 milliards d'euros, notamment grâce à des ventes « physiques », puisqu’elle est le seul opérateur autorisé en France chez les détaillants… A l’approche de la Coupe du Monde 2014 de football, tous les opérateurs de jeux français prévoient environ 200 millions d’euros de mises en France, dont 100 millions rien que pour la FdJ, grâce à ses 22 300 détaillants !

Il faut dire aussi que l’entreprise détenue à 72 % par l’État, bénéficie de certains avantages par rapport à ses concurrents (que ceux-ci ne cessent de dénoncer), comme la facilité d’introduire rapidement de nouveaux jeux et le monopole sur la loterie. Ces deux activités ont totalisé un volume de 5,56 milliards d’euros en hausse de 3,3 %, pour représenter 45 % des ventes totales de la FDJ. Le sociologue Denis Muzet de Médiascopie explique que les loteries et les jeux de grattage, très faciles à appréhender, « résistent bien [face à la crise] car le principe psychologique selon lequel chacun est égal devant la chance continue à fonctionner. »

Et pourtant, si les ventes liées au Loto restent stables (1,54 milliards d'euros), celles pour l’Euro Millions (1,45 milliards) baissent de 8,3 %, sans doute à cause de l’absence en 2013 de très grosses cagnottes qui attirent normalement les joueurs…

loto

Les casinos de brique et de mortier

Les casinos en dur sont ceux qui ont certainement le plus souffert en France ces deux dernières années : impuissants, ils ne peuvent que constater la baisse de la fréquentation des joueurs et donc de leur chiffre d’affaires. Et pourtant, ils ont fait des efforts : diversification de leurs offres de jeux, renouvellement de leur panel de machines à sous et élargissement de leurs activités annexes telles que spectacles divers, salles de congrès, hôtellerie de luxe, restauration, etc. Rien n’y fait : les joueurs ont d’autres centres d’intérêts. Sur la période 1er novembre 2012 – 30 octobre 2013, les 197 casinos du territoire français affichent un produit brut des jeux (différence entre les mises des joueurs et leurs gains) de 2,178 milliards d'euros, soit un recul de 4,25 %. Cette nouvelle baisse porte à 22,5 % le montant cumulé des pertes depuis six ans.

Les casinotiers considèrent que le premier coup de frein à la fréquentation de leurs établissements a été le contrôle d’identité obligatoire à l’entrée des casinos dès novembre 2006. Celui-ci a été mis en place pour empêcher l’entrée dans les casinos des mineurs et des personnes interdites de jeux (les joueurs souffrant d’une addiction qui se sont volontairement inscrits sur des listes d’exclusion). Le second coup dur a été la loi anti-tabac qui a instauré l’interdiction de fumer autour des tables de jeux en janvier 2008.

Si certains opérateurs accusent les jeux en ligne d’être en grande partie responsables de leurs maux, les chiffres tendent à prouver le contraire : l’ouverture du marché des jeux d’argent en ligne français en 2010 n’a pas généré une fuite des clients des casinos en dur vers le poker en ligne ou les paris sportifs, qui sont, rappelons-le, les seuls jeux d’argent en ligne légalement autorisés en France.

La fréquentation baisse parce qu’en période de crise, tous se tournent vers des loisirs moins onéreux : le développement d’Internet, des réseaux sociaux et des jeux en ligne gratuits, de même que le développement de la TV HD et la démocratisation des consoles de jeux ont largement attiré les anciens amateurs de jeux d’argent en ligne ! Car il est vrai que pour jouer régulièrement au casino, que ce soit aux machines à sous ou autour des tapis verts, un surplus de revenus conséquent est nécessaire, contrairement par exemple aux jeux de grattage dont le prix du ticket reste faible donc abordable.

Enfin, les syndicats de casinotiers accusent l'État de protéger la FdJ et le PMU, en freinant le processus de lancement de nouveaux jeux, car ils nécessitent des autorisations administratives dont la délivrance est longue (cf. le lancement de la bataille, du Sic-bo ou du Bingo), alors qu’ils ont été testés avec succès dans plusieurs casinos…

 

Les jeux en ligne

PMUPour les jeux en ligne, paris sportifs, poker et paris hippiques, légalisés par la loi de 2010, les résultats sont aussi très contrastés. Selon l’ARJEL, en 2013 les mises ont diminué de 10 % à 8,474 milliards d'euros par rapport à 2012 (9,408 milliards). Pour l’ensemble des jeux en ligne, le produit brut des jeux a atteint 686 millions d'euros ce qui correspond à un recul global de -2 %.

Les paris sportifs s’en sortent bien, avec une augmentation de 20 % des mises à 848 millions d’euros, notamment grâce au football (qui représente 65 % des paris), au basket et dans une moindre mesure au tennis. Et l’imminence du Mondial 2014 au Brésil devrait encore amplifier la montée en puissance des paris sportifs.

Le poker en ligne est en très net recul : -18 % pour les mises en cash-game, alors que les tournois semblent susciter un regain d’intérêt, puisque les droits d'entrée associés aux tournois ont augmenté de 5 %. L’ARJEL estime que la diminution du nombre de gros joueurs sur les tables en ligne hexagonales est liée à leur manque de liquidités compte tenu du contexte de crise ; que la baisse d’attractivité est surtout due à l’absence d’introduction de nouvelles variantes du poker et à l’impossibilité pour les joueurs français de se confronter aux joueurs des pays limitrophes et enfin que le scandale du Black Friday et la fermeture de grandes poker-rooms, a eu un impact négatif direct sur l’image du poker. Les autorités craignent donc une migration vers des sites illégaux dont l’offre est bien plus attractive et les opérateurs, eux, craignent encore plus pour leur survie (leur nombre a d’ailleurs chuté de 27 en 2010 à 18 en 2014), surtout que la fiscalité écrasante à laquelle ils sont soumis ne leur a jamais permis, selon eux, de dégager des bénéfices viables.

Même si les paris hippiques en ligne ne connaissent qu’un léger recul de 1 %, à 10,405 milliards d'euros, celle-ci se poursuit depuis 2012 et la crise dans ce secteur semble peut-être encore plus profonde qu’ailleurs. Les spécialistes constatent un désintérêt des jeunes parieurs (il faut dire que les paris hippiques demandent des connaissances spécifiques et un suivi quotidien) et le vieillissement inéluctable de leur clientèle actuelle. Certes l’offre de courses, notamment étrangère, s’est étoffée, mais pas elle n’a pas forcément gagné en qualité, ce qui n’a pas incité les joueurs actuels à augmenter leurs mises et n’a pas attiré de nouveaux amateurs…

PMU

Du point de vue du PMU

Du côté du PMU, les analystes annoncent également un recul de l’activité de 5,3 % en 2013, la première baisse en quinze ans… alors que cet opérateur historique bénéficie d’un régime fiscal particulier et allégé par rapport aux opérateurs en ligne ! N’oublions quand même pas qu’en contrepartie, le PMU finance largement et directement la filière équine française… Pour autant, le rôle social des 12 200 points de vente du PMU présents dans près de 12 000 communes françaises n’a pas diminué : ils constituent toujours un lieu de rendez-vous qui crée des liens sociaux entre les joueurs qui « partagent aussi bien les inquiétudes sur l’avenir que les espoirs d’une vie meilleure… », même si ceux-ci ont réduit leurs mises… Selon les responsables du secteur, ce recul en France est surtout lié à « l’annulation d’un certain nombre de courses, comme le Quinté +, pour raisons météo ou de mouvement social… » et le peu d’intérêt pour des courses se déroulant hors du territoire français…

Plus la peine de faire de sondage sur le moral des Français : les analyses de l’ARJEL et les bilans annuels de chaque type d’opérateur donnent la tendance. La part du budget familial consacrée aux jeux d’argent baisse légèrement de 0,9 à 0,8 %. Et avec les baisses notables dans des secteurs qui ont toujours été auparavant à la hausse ou au pire stables, les politiques français devraient s’inquiéter du moral des ménages… car il est clair que, lorsque les Français ne sont plus tentés de changer la donne en compensant la chute de leur pouvoir d'achat par l’augmentation de leurs dépenses de jeux de hasard, nos compatriotes ne voient plus l’avenir sereinement !

 

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