Paris hippique : les chevaux ne font plus recettes

Paris hippique : les chevaux ne font plus recettes

Si l'on en croit les mauvais chiffres des paris hippiques, on constate que les turfistes ont fini par se rendre à l'évidence : l'acteur et humoriste américain Joey Adams avait raison ! Ils ont donc cessé de s'intéresser aux chevaux. Ou presque.

 

Confirmation de la chute des paris hippiques

Les raisons de ce désamour

Les pistes envisagées pour sortir de la crise

Une ligne rouge à ne pas franchir ?

 

 

 « Lorsqu'on commence à parier sur les chevaux, on comprend que le chien reste le meilleur ami de l'homme ».

 

Confirmation de la chute des paris hippiques

Les chiffres communiqués par l'ARJEL sont éloquents :

- baisse des mises de 12 % ce qui correspond à une moyenne de 21,2 millions d'euros par semaine (contre 23,7 millions / semaine en 2013)

- baisse des comptes de parieurs actifs de 5 % (148 000 contre 156 000 en 2013)

Cette industrie colossale, qui pèse aujourd'hui 1,11 milliard d'euros, continue donc de baisser depuis  trois trimestres consécutifs.... Quand on sait que les trois premiers mois de l'année sont assez révélateurs de la tendance à venir jusqu'à la fin du mois de décembre, on imagine à quel point les opérateurs doivent trembler.

Et les joueurs aussi ! Car il faut bien savoir que dans ce cas là, le taux de retour aux turfistes baisse et les cotes sont nettement moins attractives.

evolution trimestrielle du PMU

Les raisons de ce désamour

Il serait facile d'incriminer la crise et la baisse du pouvoir d'achat des ménages pour expliquer ce phénomène.

S'il ne faut pas nier cette réalité, il ne faut pas non plus lui accorder une importance démesurée. Parce que la réalité est beaucoup plus contrastée et qu'elle doit être analysée par rapport à l'ensemble du secteur.

Prenons par exemple le secteur des paris sportifs connaît une réelle embellie au premier trimestre 2014 puisque les mises des joueurs ont augmenté de 25 % en moyenne par rapport à 2013.

Quant à l'univers du casino, si certaines activités sont sur le déclin (le poker en ligne notamment), certains casinos traditionnels tirent clairement leur épingle du jeu grâce à des choix stratégiques. Les mini-salles de jeux font notamment un carton (elles sont beaucoup plus petites, et semblent donc plus accessibles, que les casinos habituels).

Les mauvais chiffres de l'activité casino s'expliquent d'ailleurs par d'autres raisons : marché arrivé à maturité, interdiction de fumer dans les espaces publics, limitation du nombre de jeux proposés (y compris en ligne).

Le secteur des paris hippiques est en réalité victime de sa propre stratégie. Il a surfé sur l'engouement lié sur l'ouverture du marché des jeux en ligne à la concurrence et il n'a pas vu le vent tourner.

 

Les pistes envisagées pour sortir de la crise

Qu'on se le dise : le secteur des paris hippiques est beaucoup plus pingre que celui des casinos.

Cette affirmation n'est pas arbitraire. Elle repose sur des faits tangibles et vérifiables. Dans un casino de brique-et-mortier comme dans un casino en ligne, la probabilité de gagner est connue à l'avance et le taux de redistribution (c'est-à-dire l'argent qui est reversé aux joueurs)  aussi.

Un casino terrestre ou en ligne ne va pas s'amuser à modifier son taux de retour sous prétexte qu'il est en crise.

Or, c'est justement ce qu'ont commencé à faire les opérateurs des paris hippiques. L'ARJEL a révélé que le taux de retour a baissé de 78,4 % (ce qui n'est déjà pas très élevé) à 77,9 % ! Grosso modo, comme leur produit brut des jeux (PBJ) diminue, les acteurs du marché des paris hippiques ont décidé de faire payer l'addition aux joueurs.

Mais c'est reculer pour mieux sauter : plus le taux de redistribution baisse, plus l'attractivité du secteur diminue.  Il ne faudrait pas oublier que les turfistes jouent pour gagner...Si les cotes ne sont plus intéressantes, ils diminuent leurs mises ou ne parient plus du tout. 

Il ne reste plus qu'une seule solution pour redresser la barre : séduire de nouveaux joueurs.

Les opérateurs s'y essayent à grand coups d'opérations marketing.

"Le secteur des paris hippiques connaît une crise inédite."

Comme le turf avait une image un peu ringarde, ils ont d'abord investi dans de nouvelles campagnes de publicité.

Un exemple avec le PMU :


Le PMU essaie aussi de renforcer sa présence sur les supports mobiles  (smartphones, tablettes) pour attirer des parieurs toujours plus nomades. Cette réactivité permet à l'opérateur historique de moderniser son image de marque et d'élargir sa cible. Le choix est plutôt payant (c'est lui qui s'en sort le mieux avec une diminution limitée à 4,5 % par rapport à 2013) même s'il n'est pas encore suffisamment rentable.

D'autres opérateurs visent les néophytes en proposant de nouveaux jeux plus axé sur le grand public et les amateurs de jeux de hasard. Par exemple, le Groupé Gagnant de leturf.fr est ouvert aux débutants, y compris s'ils ne connaissent rien du tout au turf, et il améliore la fréquence de gains.

Mais il ne faudrait pas pour autant pour autant oublier de poser des limites dans la course effrenée aux nouveaux joueurs.

Une ligne rouge à ne pas franchir ?

Cette profusion d'initiative est somme toute assez légitime...mais le danger vient de la position assez  ambiguë de l'Etat français, qui n'a pas une position claire en matière de jeux d'argent.

Le discours officiel est que l’État veille à l'équité entre les différents opérateurs et lutte également pour éviter l'addiction des joueurs.

Mais la réalité est bien différente.

D'abord parce que l’État est à la fois juge et partie. La Française des Jeux est une entreprise publique, ce qui lui permet de bénéficier de certains avantages . Contrairement aux casinos terrestres, aucune pièce d'identité n'est demandée dans ses points de vente pour pouvoir jouer à des jeux d'argent. Il n'existe pas non plus de fichier permettant à un joueur de demander à être interdit des jeux d'argent vendus par la Française des Jeux (même s'il est interdit d'entrée dans les casinos). Sans oublier l'essentiel : la Française des Jeux dipose d'émission de télévision pour retransmettre les tirages du loto (sur une chaîne de service public, financée en partie par les contribuables), et elle peut diffuser des spots publicitaires à tout moment de la journée.

Dans le domaine des paris sportifs, on aurait pu espérer que l’État se montrerait plus ferme et qu'il tenterait de protéger les personnes les plus fragiles des dangers de l'addiction.

Il n'en est rien.... Dans le département du Nord, il est en effet possible de trouver des écrans tactiles du PMU dans les commerces de proximité tels que les stations-services ou les boulangeries pour turfer absolument n'importe où, n'importe quand. Sans prévention.

Les populations les plus fragiles (les jeunes, les chômeurs...) peuvent donc parier très facilement, sans limites et surtout sans aides. Une personne dépendante, déjà interdite de casino, ne pourra plus se contenter d'éviter les buralistes pour échapper à la tentation. Elle devra s'imposer elle-même son auto-exclusion des boulangeries et autres commerces pour ne pas rechuter.

C'est tout le paradoxe de la politique actuelle : certains opérateurs (les casinos) sont rigoureusement contrôlés et d'autres peuvent faire à peu près tout ce qu'ils veulent. Comprenne qui pourra....

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